Éditorial

Depuis mars 2018, c'est-à-dire depuis environ six mois, notre boîte à livres trône sur une des passerelles enjambant l'Yévrette. Au dire des habitants les plus proches, il n'est pas une seule fois possible de sortir sans voir au moins une personne penchée sur cette boîte à livres en se demandant sur quoi portera son choix. Et comme elle est toujours pleine (la boîte à livres, ça va sans dire mais ça va mieux en le disant), ce qui signifie que tout le monde joue le jeu, à savoir emprunter, mais aussi déposer ou reposer ce que l'on a emprunté, le choix est d'autant plus difficile entre les romans, les classiques, les revues, ou encore les compact disques, sans oublier le canard enchaîné qui, de par son nom, a toute sa place parmi ses coreligionnaires aquatiques au-dessus de l'Yévrette !

Dire que cette idée était bonne n'est qu'un doux euphémisme : la participation de tous à la vie de cette bibliothèque sans cesse renouvelée en est une preuve.

Mais, bien entendu, chaque médaille a son revers. Comme nous l'avions déjà constaté au cours de l'été 2011, à l'occasion de notre exposition "De l'art dans l'Yévrette", des petits malins s'étaient autorisé à basculer une œuvre au fond de la rivière. Amusement d'un soir, certes, mais qui ne peut ravir que des individus dont le quotient intellectuel doit au bas mot avoisiner celui du bulot en début de cuisson.

Et bien pour certains ouvrages de notre boîte à livres, il en va de même. Quelques-uns se sont retrouvés flottant au gré du courant, dans un magnifique déni de culture littéraire. Sont-ce les mêmes individus ? Nous ne le saurons jamais. A moins cette fois qu'ils aient voulu vérifier l'étanchéité des ouvrages en tombant sur le livre de Delphine Batho (Insoumise, Éditions Grasset) ou encore sur les chroniques de Sophia Aram !
Malgré ces quelques déconvenues, nous vous souhaitons une bonne rentrée et, comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, la zone 30 tant réclamée dans notre quartier devrait voir le jour prochainement... promesse écrite de la mairie.