Éditorial

Comme vous le verrez en page 4 de l'hirondelle n° 90, l'enseigne Lidl, installée depuis plusieurs années à Pignoux, risque fort de fermer. Il semblerait que cette fermeture soit totalement indépendante de l'ouverture programmée d'un commerce identique vers le Prado, mais il est quand même extrêmement difficile de n'y voir aucun rapport de cause à effet. Cela participe une fois de plus à la désertification des villes au profit des zones périphériques, hémorragie qui dure depuis maintenant environ un demi-siècle. A cette époque, les zones industrielles semblaient un exemple de modernité. On fonçait dans sa voiture le samedi après-midi pour "aller faire" la route de la Charité, comme certains pseudos baroudeurs font les États-Unis ou la Chine pendant leurs vacances.


Drôle d'occupation ! Et pendant ce temps que deviennent les villes et leur centre en particulier ? Des magasins sans clients, qui peu à peu tombent en décrépitude, puis ferment, participant petit à petit à un phénomène que l'on pourrait qualifier de "chronique d'une mort annoncée".


Alors, pourquoi avoir favorisé l'implantation de ces horribles zones commerciales en périphérie des villes ? Certes, Bourges n'est pas le seul exemple, mais est-ce pour cela une consolation ? Serait-ce par hasard, le puissant lobby de l'argent roi qui serait la cause de toutes ces monstruosités ? Serait-ce lui qui est venu défigurer nos entrées de ville, offrant au premier regard du touriste de passage, la triste vue d'une rangée de hangars de la consommation, et participant ainsi à nous fabriquer une "France moche" (expression empruntée à Xavier de Jarcy et Vincent Remy dans un article publié en 2010).
C'est la raison pour laquelle nous vous proposons de signer la pétition pour éviter la fuite du magasin Lidl, pour essayer de redonner à la ville son rôle de dynamiseur, où la population a plaisir à vaquer, et où les petits commerces ont toute leur place, loin des temples anonymes de la consommation outrancière.


Nous n'avons pas prétention à changer la face du monde, mais peut-être seulement à recréer un peu d'humanité dans ce monde qui en manque cruellement.